(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Labels F et C : transparence en matière d’OGM dans les produits de substitution végétaliens ?

En col­la­bo­ra­ti­on avec ses par­ten­aires, Swiss­veg a lan­cé deux nou­veaux labels : le label C (C pour « cul­ti­va­ted », cul­ti­vé) a été lan­cé en jan­vier et le label F (F pour « fer­men­ted », fer­men­té) a été publié mi-mars. Ils ont pour but d’ap­por­ter aux con­som­ma­teurs une trans­pa­rence sur la fab­ri­ca­ti­on des pro­duits ain­si éti­que­tés et de faci­li­ter ain­si leur choix, à l’in­star du label V pour les pro­duits végé­ta­li­ens ou végé­ta­ri­ens. Mais ces nou­veaux labels apportent-ils réel­le­ment la trans­pa­rence escomp­tée, notam­ment en ce qui con­cer­ne l’uti­li­sa­ti­on d’or­ga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és (OGM) dans le pro­ces­sus de pro­duc­tion ?

Que signi­fi­ent ces nou­veaux labels ?

Le label C distin­gue les pro­duits car­nés et marins cul­ti­vés à l’ai­de de l’ag­ri­cul­tu­re cel­lu­lai­re. L’ag­ri­cul­tu­re cel­lu­lai­re est une tech­no­lo­gie qui per­met de pro­dui­re des pro­duits d’o­ri­gi­ne ani­ma­le tels que la vian­de, le lait ou les pro­té­i­nes en cul­ti­vant des cel­lu­les en labo­ra­toire, plutôt qu’en éle­vant et en abatt­ant des ani­maux. Cela se fait en pré­le­vant des cel­lu­les ani­ma­les, en les cul­ti­vant et en les mul­ti­pli­ant dans des bio­ré­ac­teurs, puis en les trans­for­mant en pro­duits sou­hai­tés. Cer­tai­nes étapes de ce pro­ces­sus font sou­vent appel au génie géné­tique, par exemp­le pour la pro­duc­tion sans souf­france ani­ma­le de fac­teurs de crois­sance dont les cel­lu­les ont beso­in pour se mul­ti­pli­er dans les fer­men­teurs (voir la vidéo SAG sur la vian­de de labo­ra­toire).

Le label F dési­gne les pro­duits fab­ri­qués à l’ai­de de la fer­men­ta­ti­on de pré­cis­i­on. La fer­men­ta­ti­on de pré­cis­i­on est une métho­de bio­tech­no­lo­gi­que dans laquel­le des micro-orga­nis­mes tels que des bac­té­ries ou des sou­ch­es de levu­re sont géné­ti­quement modi­fi­és de maniè­re à pro­dui­re cer­ta­ins pro­duits tels que des pro­té­i­nes, des enzy­mes ou des nut­ri­ments. La cul­tu­re dans des fer­men­teurs (gran­des cuves en acier inoxy­da­ble) per­met de pro­dui­re les sub­stances sou­hai­tées en gran­des quan­ti­tés. Out­re la fer­men­ta­ti­on de pré­cis­i­on, d’aut­res métho­des (par exemp­le la fer­men­ta­ti­on dite « au gaz de syn­thè­se ») peu­vent éga­le­ment don­ner droit au label F.

Les deux labels se réfè­rent donc prin­ci­pa­le­ment au pro­ces­sus de fab­ri­ca­ti­on et non aux ing­ré­di­ents d’un pro­duit. Un pro­duit cer­ti­fié par le label F ou C n’est donc pas néces­saire­ment végé­ta­li­en ou végé­ta­ri­en. Alors que les pro­duits cer­ti­fi­és C ne peu­vent guè­re être végé­ta­li­ens, car ils sont géné­ra­le­ment pro­duits à par­tir de cel­lu­les ani­ma­les, les pro­duits cer­ti­fi­és F sont végé­ta­li­ens selon la défi­ni­ti­on, car aucun ani­mal ne peut être uti­li­sé dans la fab­ri­ca­ti­on, mais le pro­duit final peut con­te­nir des ing­ré­di­ents iden­ti­ques à des ing­ré­di­ents d’o­ri­gi­ne ani­ma­le (par exemp­le des pro­té­i­nes ani­ma­les).

Orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és dans le pro­ces­sus de fab­ri­ca­ti­on

Un critère qui doit être rem­pli pour les labels C et F afin de cer­ti­fier un pro­duit est « sans OGM ». Les sites web des labels décri­vent plus en détail ce que cela signi­fie : le pro­duit final com­mer­cia­li­sé doit tou­jours être exempt d’OGM, com­me l’e­xi­ge le cad­re juri­di­que.

Cepen­dant, com­me men­ti­onné pré­cé­dem­ment, le génie géné­tique est sou­vent uti­li­sé dans le pro­ces­sus de fab­ri­ca­ti­on, tant dans la fer­men­ta­ti­on de pré­cis­i­on que dans les métho­des d’ag­ri­cul­tu­re cel­lu­lai­re (par exemp­le, l’agri­cul­tu­re molé­cu­lai­re). Les micro-orga­nis­mes uti­li­sés à cet­te fin sont géné­ti­quement modi­fi­és afin de pro­dui­re la sub­stance sou­hai­tée. Étant don­né que le pro­duit final doit être puri­fié à par­tir des orga­nis­mes pro­duc­teurs, il ne dev­rait en thé­o­rie plus con­te­nir d’OGM.

La SAG est fon­da­men­ta­le­ment cri­tique à l’é­gard de l’uti­li­sa­ti­on du génie géné­tique dans le pro­ces­sus de fab­ri­ca­ti­on des pro­té­i­nes alter­na­ti­ves, notam­ment par­ce que des con­ta­mi­na­ti­ons par des OGM ou leurs com­po­sants (tels que les gènes de rési­stance aux anti­bio­ti­ques, qui soulè­vent des que­sti­ons de sécu­ri­té) ont sou­vent été détec­tées dans le pro­duit final (voir not­re fiche d’in­for­ma­ti­on sur les sub­sti­tuts végé­ta­li­ens). Nous saluons néan­mo­ins l’in­tro­duc­tion des labels com­me une étape importan­te vers la trans­pa­rence et la liber­té de choix pour les con­som­ma­teurs. Nous saluons éga­le­ment la com­mu­ni­ca­ti­on ouver­te sur l’uti­li­sa­ti­on éven­tu­el­le d’OGM pen­dant le pro­ces­sus de fab­ri­ca­ti­on, tel­le qu’el­le figu­re sur les sites web des labels. Il serait tou­te­fois sou­hai­ta­ble que l’in­for­ma­ti­on rela­ti­ve à l’uti­li­sa­ti­on ou non d’OGM dans la fab­ri­ca­ti­on soit direc­te­ment visi­ble sur le pro­duit. C’est la seu­le façon pour les con­som­ma­teurs de fai­re des choix éclai­rés lors de leurs achats.

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